Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 17:56

Chaque attaque terroriste est appariée à un échec. Qui en est vraiment responsable ?

Politique de l’autruche, défaillance sécuritaire, erreurs tactiques et stratégiques, pullulation extrémiste et autres gros titres, c’est ce que disent les experts, ces stars de dernière minute, véritables sangsues de la crise. Au point d’orgue, ils sucent avec avidité le sang des victimes qui coule encore. Et oui, quand le vin est tiré, il faut le boire. A qui profite le terrorisme ? L’assiette au beurre revient incontestablement à ces mages, ces grands clercs autoproclamés qui surgissent par monts et par vagues. Ça se bouscule au portillon. Chacun veut mettre son grain de sel sur ces plateaux télévisés douteux, servant pour une fabrique de gouvernants et de présidents. Ils se prennent pour le messie et profèrent leurs laïus monotones et discordants, leurs analyses chimériques et peu plausibles, qui doivent être prises à l’aveuglette pour parole d’Evangile par le misérable peuple. Ils veulent rouler l’opinion publique dans la farine afin de redorer leurs blasons et marquer des points politiques. Ils mettent le nez, sans scrupules, dans les affaires de la grande muette alors que dans la logique des choses, chacun son métier et les vaches seront bien gardées.

Certes, le terrorisme n’est pas un épouvantail. Il y a de quoi se faire un mouron. La caque sent toujours le hareng ; tu ne peux pas espérer mieux d’une nation qui a excellé dans l’art de la tuerie. Les interminables guerres picrocholines éclatent entre sunnites et chiites dans l’unique objectif de faucher des vies humaines. Les terroristes ont choisi le vandalisme comme démarche, et comme slogan : « Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ».

L’écrasante majorité des intervenants dans le sujet du terrorisme optent pour l’alternative sécuritaire musclée qui s’avère, au ras de pâquerettes, un remède de bonne femme. Jetons l’ancre et mettons en lumière les vrais raisons du terrorisme. Personnellement, j’estime que la responsabilité de prolifération de cette calamité doit être, en partie, adossée par la gent féminine, le sexe faible qui a montré des signes de faiblesse énorme face au barbarisme. En fait, le fardeau doit être épaulé par les parents, notamment la génitrice. La mère est l’être le plus proche de son enfant. Elle défend son fils par émotion, affection et compassion. C’est quasiment instinctif : toute femelle protège sa progéniture et veille sur ses hauts biens. La mère ne délaisse pas la pupille de ses yeux mêmes dans les conditions les plus dures. Ce n’est pas par hasard que la plupart des criminels et délinquants trouvent leurs comptes auprès de leurs mères lorsque toute une société les rejette et les refoule. La mère, symbole de tendresse, délicatesse et gentillesse, nourrit en son petit la douceur, la pitié et l’amour d’autrui, valeurs dont le terroriste en est foncièrement démuni. Où est cette mère clémente, source intarissable de bonheur, ayant la faculté d’encadrer son fils et l’entourer de ses grâces à tel point qu’il ne peut pas s’empêcher de la perdre de vue plus d’une journée ? Une telle mère a pour mission d’attendrir le cœur de son fils, l’irriguer d’amour et d’humanisme. Elle puise de son miel et le pompe continuellement dans l’esprit jeune de son fils, qui demeure déjà enfant, quelque soit l’âge qu’il a atteint, jusqu’au décès de sa mère. Le terroriste a le profil macabre et sanguinaire. Son cœur coriace et sclérosé comme la pierre se remplit de haine et de rancune. Jour après l’autre, au vu et au su de sa mère qui échoue clairement sa mission. Elle est incapable de réanimer ce cœur inanimé, de générer des cellules battant de vie dans ce cœur sans vie. Le terroriste rompt cette corde éternelle qui l’attache à sa mère, comme il l’a déjà fait avec le cordon ombilical. Il détruit le pacte d’affections qui l’unit à sa déesse, foule aux pieds tous les crédos d’amitié et d’empathie et brise définitivement, le lien doucereux qui le relie à « la fleur de son affectivité » qui, dépossédée d’intuition et du pouvoir prémonitoire, ne voit pas venir la catastrophe. Les réactions de chaque mère apprenant la conversion de son fils au terrorisme est similaire : stupeur, étourdissement et accablement. Chaque maman prétend que son fils est un ange alors qu’il est vraiment un suppôt de Satan. En contrepartie, elle culpabilise sévèrement le réseau de recrutement maléfique des djihadistes. Aucune mère n’a l’audace de justifier les actes de son descendant par l’échec de son éducation et de son suivi. Nulle ne permet d’arborer ses failles et ses erreurs. Nulle ne reconnait que son fils a appris la violence dans ses bras, qu’il s’est initié à l’agressivité sous ses yeux. Lorsqu’elle entame d’interminables scènes de ménage avec son époux, elle ne sait pas comme c’était cruel et que c’était la recette magique pour élever et développer l’atrocité et la cruauté à l’intérieur de son foyer. C’est de ses parents que l’apprenti- terroriste apprend ses premières leçons. L’agressivité prospère également lorsque la mère réprime énergiquement son fils et s’oppose impitoyablement à ses désirs et volontés sans donner des explications. Bref, lorsqu’un homme perd le fin fil qui le lie à sa maman, il perd le nord. Déboussolé, il devient une véritable menace pour la société sous n’importe quel titre : criminalité, escroquerie, banditisme… Le terrorisme n’est qu’une des facettes de ce sombre précipice qui engloutit une jeunesse fortement impressionnée par des idéaux venimeux, odieux et corrompus. Ce n’est qu’une question de temps, une sorte de bombe à retardement, et les conséquences se manifestent. La galère arrive sans alerte préalable. Âmes sensibles s’abstenir !

Published by Achref Snoussi
commenter cet article
24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 22:46

Lettre ouverte à tous les consuls de monde, aux conseillers des affaires étrangères, aux autorités compétentes, disposant d’un large pouvoir d’appréciation concernant l’accord ou bien le blocage des visas :

Je sais que vous êtes des hauts dignitaires, une élite sociale qui a gravi en grandes foulées tous les échelons, suffisamment compétents pour combler de tels postes à tâches délicates et minutieuses. Je sais que vous êtes suffisamment occupés, que votre agenda est bien rempli et que vous ne trouvez ni le temps, ni le goût pour lire un tel message, qui n’arrivera jamais à vos oreilles, sourdes aux futilités, attentives aux affaires sérieuses. Il ne s’agit pas de dire ses quatre vérités mais plutôt de parler avec un ton de sincérité et de voir les choses de tous côtés.

Il est tout à fait naturel et légitime de défendre vos pays, vos frontières, l’intégrité territoriale et la souveraineté de vos États. D’ailleurs, ça fait partie de votre boulot. C’est votre devoir sacré, engagement et responsabilité envers vos peuples et c’est pour cela qu’on vous paye aux frais du contribuable. Je juge inutile de rappeler le serment que vous avez prêté devant vos compatriotes dans l’objectif de veiller sur leur grand bien.

Rentrons maintenant au vif du sujet. Sans vouloir vous offusquer, je trouve votre manière, procédure, démarche, appelez-la comme vous voulez, d’octroi de visa est foncièrement boiteuse et défectueuse. Nous sommes tous d’accord qu’il est impératif de déposer un dossier, de payer la demande, de suivre les formalités administratives et d’attendre le temps qu’il faut afin de bien étudier et traiter chaque demande à part. Il n’est pas question de badiner ni avec la sécurité du pays ni avec ses hauts intérêts. Cependant, je désapprouve le refus systématique, le rejet machinal d’une race, d’une nationalité, d’une nation ou même d’une tribu en mettant en avant l’ordre public, l’argument sanitaire, le risque de détournement du visa de court séjour… Derrière une nébuleuse brouillée de motifs, vraisemblablement corrects, se cachent les vraies causes de cette opposition : Bourdes et tensions diplomatiques, chantages, coups bas et règlements de comptes politiques, raisons ethniques,… et d’autres mobiles qui dérangent et font mal s’ils sont rendus publiques. De toute façon, il est oiseux de garder ce secret de Polichinelle. Il serait injuste de sanctionner tout un peuple à cause d’une bavure isolée de l’un de ses responsables politiques. Le châtiment collectif n’amène qu’à un retour de manivelle, un effet contre-productif. La fermeture musclée des frontières aux immigrants clandestins ne fait que corser l’addition et jeter de l’huile sur le feu. Soyons raisonnables, lucides et constructifs. Quelle est la faute de celui qui désire voir vos civilisations de près, vos modes de vie, vos ouvrages, monuments et sites ? Évidemment, le monde est un spectacle à regarder et non un problème à résoudre. Pourquoi donner du fil à retordre à ceux qui veulent admirer l’étendue de vos arts, l’envergure de votre civisme et la douceur de votre hospitalité ? Pourquoi tournez-vous le dos à ceux qui saluent vos prestations, qui reconnaissent vos bienfaits, qui tirent leurs chapeaux et énumèrent les faveurs que vous avez accompli pour nous ? Votre attractivité, n’est-ce pas un titre de gloire ? Votre charme, séduction et magnificence à l’image d’une femme fatale n’est pas une satisfaction pour vous ? Être étiqueté comme un « pays de chance » n’est pas une fierté, une source de réconciliation, un argument de votre côté vous permettant de persuader une jeunesse douteuse de vos patries quoique ces dernières valent de l’or en barre? L’humain est porteur d’un projet, d’une ambition, d’un rêve d’une vie meilleure que vous tuez dans l’œuf par simple interdiction de visa. Prenez la peine d’écouter le soupirant de vos terres. Prenez votre temps et accordez-lui un entretien. Laissez-lui l’occasion de vous ouvrir son cœur et vous montrer ce qu’il a dans le ventre. Regardez-le dans les yeux. Profond dans la pupille, vous trouverez les réponses à toutes vos questions. Ce n’est pas le papier qui pénétrera vos sols mais des personnes physiques vacillant entre le bien et le mal. Alors donnez de l’importance à la personne et accueillez-la dans vos bureaux. Faites preuve de gentillesse et ôtez le racisme et la méchanceté de vos regards. Souhaitez à l’immigrant un bon séjour. Optez pour un discours magnanime démuni de cet accent hautain. Un sourire candide ne coûte rien. Alors donnez libre cours à vos muscles faciaux. Cessez les méthodes cavalières d’antan. Faites le deuil de la bureaucratie, place désormais à l’adhocratie.

Se lever de bonne heure, se déplacer jusqu’au consulat, déposer le dossier et attendre, puis se voir rejeter sa demande comme un laissé-pour-compte, c’est là où nait l’ébauche de l’agressivité. Cette dernière grandira dans l’âme lorsqu’on parvient à mettre les pieds sur un sol d’une façon illégale et qu’on se trouve au creux de la vague, en train d’affronter la plus effroyable des atrocités, la xénophobie proprement dite et les œillades hostiles et insultantes. Ne croyez pas un instant que les gardes qui vous gardent sont capables de vous protéger. L’assaut de l’ambassade américaine en Tunisie, Libye, Égypte, Inde, Yémen et Soudan, un souvenir amer comme chicotin, exacerbé par la mort de l’ambassadeur étasunien à Benghazi, est le fruit de cette agressivité maquillé d’intégrisme et d’extrémisme religieux. La leçon à tirer est que les murailles de l’ambassade et du consulat sont vulnérables et franchissables. Par qui ? Par les gens qui subissent les déboires d’une réponse négative quant-à la délivrance d’un visa, par les gens que vos territoires leurs sont défendus. Certes, la pilule semble difficile à avaler. Il suffit juste d’avoir l'étincelle qui mettra le feu aux poudres. Et boum ! Le bilan est lourd.

Je sais qu’un tas d’immigrés clandestins sèment la pagaille et ternissent l’image de vos pays. Toutefois, faites l’effort de regarder le revers du médaillon. Il semble plus brillant et plus luisant. Combien de sans-papiers se sont pris pour des héros et se sont offerts en holocauste. Citons, par la triste occasion de l'incendie d’Aubervilliers en France, l’exemple des deux tunisiens en situation irrégulière qui ont défié un bâtiment en feu, risquant leurs peaux métisses dans le but d’épargner d’autres peaux caucasiennes, plus claires. Comment expliquez-vous le fait qu’un nègre malien de confession musulmane dépourvu de titre de séjour en règle, sauve la vie des citoyens juifs et français de souche en les cachant dans la chambre froide de l'hypermarché Casher à la Porte de Vincennes lors de la prise d’otages sanglante orchestrée par Amedy Coulibaly, un vrai français, mais malheureusement ennemi de la France ? Morale de l’histoire, donnez aux hommes des chances égales. Retirez la nationalité de ceux qui voient le jour dans vos territoires et qui vous causent des ennuis et ouvrez les bras à ceux qui rêvent de s’installer chez vous pour faire progresser vos jolis pays.

Si vous m’accordiez la chance de traverser vos frontières, je respecterais vos normes, pourquoi pas ? Alors que l’invité est appelé à respecter son hôte ! Je me soumettrais, de plein gré, à vos lois et vos manières. Je ferais de mon mieux pour éviter de vous faire froncer les sourcils. Je suis à fleur de peau mais je supporterais vos regards racistes et je m’efforcerais de m’y acclimater. Je ne tuerais personne. Je ne lèverais la main sur personne. Je n’injurierais quiconque. Si l’un de vos concitoyens m’offensait, je prendrais mon mal en patience car le pacifisme coule dans mes veines. Je m’évertuerais à faire bon usage de toutes les bonnes manières et les comportements corrects que ma patrie m’a initié. Je vous pardonnerais vos bévues. Parmi vous, j’embrasserai, cœur blanc, l’assassin de mon frère. Je prendrais soin de votre environnement, j’appliquerais les règles du bon voisinage. Je gagnerais mon pain dignement en bossant à plein régime. Je travaillerais des heures supplémentaires sans compter. Je joindrais les associations caritatives et je me porterais candidat volontaire à toute œuvre humaniste à but non lucratif. Bref, si une telle opportunité se présentait, je serais un citoyen exemplaire, taillé sur mesure, comme je l’étais déjà dans mon pays natal. Il s’agit là d’une promesse d’un homme de parole. Je ne raconte guère de salades autant en emporte le vent.

En résumé, ça fait mal au cœur de voir des gens probes se prendre un râteau au lieu de prendre un visa. Ouvrez ces pourries de barrières. Abaissez cette énorme différence de potentiel, ce haut voltage, qui menace d’électrocuter votre sécurité nationale. Tirez profit de ces nouveaux arrivants. Ils peuvent servir à une multitude de tâches. Il suffit de citer la pénurie de main d’œuvre qualifiée qui accable votre marché d’emploi, déjà à bout de souffle. Tant de postes, que vos concitoyens refoulent, restent vacants et inoccupés. Soyez positifs et nous vous éprouverons de la gratitude. Le chien ne mord pas la main qui le nourrit.

Published by Achref Snoussi
commenter cet article
12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 14:27

 

  • Découvrez la face cachée de la Lune, l’autre face du diable, le revers de la médaille !
  • Apprenez à connaitre les points faibles du locataire de l’Élysée, sa personnalité vagabonde et son esprit étriqué.
  • Découvrez les ficelles de la sale besogne, les passe-droits, les détournements de fonds, l’enrichissement au dos des pauvres
  • Cherchez l’erreur entre les profils de deux dictateurs : Sarkozy et Ben Ali
  • Découvrez les véritables causes de l’indignation tunisienne pour en déduire les raisons de la votre
  • Éclairez-vous sur la manipulation, l’hypocrisie, et la duplicité du langage
  • Découvrez comment les dictateurs font prédominer l’intérêt personnel sur l’intérêt public dans cet ignoble jeu d’intérêts.
  • Tâchez de savoir le fou mode de vie de ces cinglés au pouvoir, à qui vous donnez vos voix dans les scrutins de vote
  • Renseignez-vous sur la vanité, la vacuité de leurs discours et leur incapacité à tenir leurs promesses
  • Découvrez l’échec maquillé en succès dans les propagandes électorales alors que c’est un échec attesté par les chiffres. Ça saute les yeux !
  • Apprenez à critiquer vos gouvernants plutôt que répéter comme un perroquet ce qu’ils disent
  • Réclamez vos droits plutôt que sombrer dans l’indifférence et avaler des couleuvres   
  • Du Sarcomique du Sarkostique, il y en a, mais il s’agit surtout d’un essai d’information en vue de déciller les yeux.

 

 

Découvrez ce qui vous échappe dans ce lien :


Sarkozy, le Ben Ali de la France

 

 

 

 

 

 

Published by Achref Snoussi - dans critique politique
commenter cet article
2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 18:13

 

La bouture d’espoir a poussé pour devenir un arbrisseau vif et fleurissant. La collaboration a apporté le goût exotique d’un fruit suave et inaltérable. Une brise d’Orient poétique, encartée dans la rhétorique comme art et la rhétorique comme figure de style, vient cajoler la sérieuse vérité scientifique. La rencontre de l’ambition et de l’expérience, de l’Occident et de l’Orient, de la littérature et de la science, de la précaution et de la préconisation, de la vulgarisation et de la critique, a fait naitre « L’éternelle jeunesse, l’art de bien vieillir ». Certes, bien vieillir est un art qui se cultive pendant toutes les étapes de notre existence. Depuis toujours, une bonne santé s’est avérée une arme puissante dans l’arsenal du bonheur. Elle n’a pas de prix. Épicure réduit le bonheur à un hiatus entre l’ataraxie, une sorte de tranquillité de l’âme ou du for, et l’aponie qui affranchit l’homme de tous les troubles corporels. Une bonne santé constitue alors la moitié du bonheur. Rien ne peut illustrer l’ouvrage que l’image du fabuleux phénix qui, doué d’une longévité exceptionnelle, vit dans un monde parfait, exempt de maladies et de maux.

La puissance de l’argument juxtaposée à l’irréfutabilité du chiffre couvre le vieillissement dans ses multiples facettes. Notre corps vieillissant, pris par l’âge, miné par la maladie fournit des efforts titanesques pour s’opposer à un destin de corruptibilité. Il sera judicieux de renforcer les actions de notre organisme par une conduite consciente, responsable, capable de démêler ce qui est recommandé à notre bien-être et ce qui en est pernicieux.

« L’Éternelle jeunesse, l’art de bien vieillir » est à la fois un ouvrage d’information et un guide pratique. Il traite avec beaucoup de circonspection un problème universel bien qu’il soit un phénomène naturel ; le vieillissement. Nous avons œuvré sur le déchiffrage du jargon médico-scientifique et l’extrapolation des résultats les plus féconds de la recherche de pointe. Nous avons essayé de pointer du doigt les facteurs qui influencent le vieillissement biologique et d’en tirer tous les moyens de lutte possibles.

Le travail ouvre également des perspectives sur le phénomène du vieillissement démographique et son poids grandissant qui pèse sur les assurances, le système de retraite et l’économie qui gémit encore des séquelles de la crise. Il s’agit aussi d’une aventure humaniste qui tend à offrir un bain de jouvence, à rendre hommage à ceux qui ont construit la société autrefois, ceux qui ont pavé le chemin avant nous. Ne méritent-ils pas un instant de méditation, de tranquillité, et de paix, une cure compensatrice après un travail de longue haleine ?  

Notre contribution qui doit considérablement à l’expérience du professeur Jean-Pierre Camilleri est bâtie sur un socle scientifique émérite, combinant à la fois la biologie et l’économie, la politique et la sociologie, la médecine et psychologie, octroyant une donne précise à toutes les tranches sociales. Qu’il s’agit du public éclairé ou du commun de mortels, tout le monde y trouve son compte.  

9782296963535r.jpg9782296963535v.jpg

Published by Achref Snoussi - dans critique scientifique
commenter cet article
25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 18:24

On s’apprête à célébrer la bonne année, une nouvelle année au pouvoir et une continuité sur la marche de la gloire. Cette fois-ci, on pointe le doigt sur le Moyen-Orient ; Dubaï plus exactement. Une destination de rêve dont la possibilité de s’y rendre n’est pas une tâche aisée. Un visa à Dubaï est un peu le synonyme d’une carte verte aux États-Unis. Le chemin est moins semé d’embarras pour le monde diplomatique, notamment les passeports violets tunisiens. Dans la grande discrétion usuelle, la famille impériale se rend à Dubaï pour célébrer l’arrivée du nouvel an et assister au grand feu d’artifice. Le président ne compte pas louper l’évènement et assiste sa famille. La villégiature secrète va de pair avec un blackout médiatique coutumier. La chaine mauve Tunis 7 démontre des anciennes activités officielles, un président en train de gesticuler sans jamais faire entendre sa voix. À brule-pourpoint, un embêtant coup de téléphone vient de surgir. On apprend à monsieur le président qu’un vendeur ambulant de légumes s’est immolé par le feu devant le siège du gouvernorat de Sidi Bouzid. « Qu’il crève », telle était sa réponse dans la grande froideur de l’insouciance. Quelques jours après, on annonce au président que quelques citoyens se sont rassemblés pour manifester contre la négligence. « Dispersez-les, a répondu le président, par des coups de matraque ». Le jour d’après, on lui fait savoir que les manifestations se sont propagées pour gagner les zones d’à-côté. Vexé jusqu’aux ongles, il décide de rentrer en Tunisie et prendre les choses en main tandis que la famille est restée à Dubaï. Dès son arrivée, il a débité un discours qui, au lieu d’adoucir la situation, a alourdi la peine. Le président s’empresse de mater le soulèvement populaire de Sidi Bouzid. Il a donné l’injonction aux forces de l’ordre d’assiéger le gouvernorat : personne ne sort, personne ne rentre. L’insurrection a migré, comme des métastases entêtées, à des nouveaux foyers. Le gouvernement commence à perdre les pédales. L’armée refuse de tirer sur la foule. La décision arrive sur la langue du général Rachid Ammar qui a rejeté l’injonction du Chef suprême des forces armées. Du coup, le général indocile est limogé et assigné à résidence. « Ce n’est pas le moment de le lyncher. Je m’occuperai de lui plus tard », a pensé Ben Ali. L’hyper-président de la Tunisie qui a passé le plus clair de sa carrière dans les deux ministères de l’ordre – l’Intérieur et la Défense – opte pour la solution sécuritaire et réprime violemment les indignés. Du gaz lacrymogène périmé jusqu’aux balles réelles, il faut éradiquer les émeutes à tout prix. Tant de gens ont été arrêtés, quelques-uns ont rendu le dernier soupir. Ben Ali réprime violemment la révolution. Tant pis pour ceux qui en feront les frais, quelques victimes de temps en temps sont insignifiantes par rapport à la pérennité du régime. Ben Ali et ses loyalistes usent de tous leurs moyens pour mettre fin au cauchemar. Les jeunes s’indignent et affrontent la police. Les pillards occasionnels profitent du chaos pour s’attaquer aux locaux publics et privés, saccagent et incendient mais aussi spolient tout ce qui était à leur portée. Les opposants politiques exilés trouvent un terrain fertile pour lutter à distance à travers les plateaux télévisées et aussi par le biais de la toile. Les autres à l’intérieur du pays, se réduisent, en majorité, au silence. Les Tunisiens résidents à l’Occident manifestent devant les consulats de la Tunisie alors que les pays arabes, tel est l’exemple du Maroc, ont empêché les sit-in de soutien aux Tunisiens. La désinformation typique des médias officiels est contrebalancée par une présence cruciale du cyber-activisme et des médias alternatifs, notamment les réseaux sociaux Facebook et Twitter, dans la couverture des évènements. Sur le terrain, la guerre entre les deux camps est torride. Le premier camp regroupant des jeunes désarmés qui se battent pour hausser la voix de la liberté, dignité et droit au travail. Leurs adversaires, hoplites en uniforme, répondent à l’appel du devoir. Leur mission consiste à rétablir la soi-disant sûreté. En haut, l’effervescence politique se traduit par des remaniements ministériels à gogo et une substitution du gouverneur de Sidi Bouzid, étincelle de rupture promptement transformée en un terrible déclencheur de révolte. Sur le net, une guerre sans merci confronte les militants de la liberté aux agents de renseignement et de censure qui s’efforcent à étouffer la réalité. Ben Ali a voulu brouiller le signal d’Al-Jazeera, selon lui, principal carburant des émeutes. Il accuse cette chaine dans l’un de ses discours de manque de professionnalisme et de falsification de faits. Enfin, il s’est limité à expédier ses fidèles à quelques domiciles pour vérifier si les Tunisiens sont entichés ou pas à cette chaine très novice par rapport à ses extraordinaires médias violets. L’ordre public s’altère davantage. Les rapports de sécurité deviennent de plus en plus déplaisants. Le trouble grandissant, signe avant-coureur du déclin, est irrépressible. Le pronostic vital du régime agonisant est plus que jamais engagé. Il touche à sa fin. Les rebelles ne reculent devant rien. Ils ont saccagé les maisons de certains membres de la famille au pouvoir. Leurs ténors assourdissants clament vivement le départ du président dont les discours destinés au peuple étaient sans effet. Sous l’insistance insidieuse de son chef de sécurité Ali Seriati, qui a gonflé le péril, le président qui était aux abois a fini par lâcher du lest et consentir à l’idée de chercher l’exil. Un homme d’État – qui se targue de ses cinquante ans passés au service de la patrie – prend la fuite pour épargner égocentriquement sa peau et abandonne, lâchement comme il l’a toujours été, son peuple. L’Arabie Saoudite, réceptacle des dictateurs, était sa destination finale. Les admirateurs de la révolution du jasmin défendent l’idée que la révolte s’est déroulée sans heurt ni tension, avec le minimum de dégâts : un évènement historique, détonateur du printemps arabe, prémisse d’une nouvelle ère moins marquée de persécution, de corruption et d’injustice. Une autre frange de gens réfute l’hypothèse d’une révolte et affirme un bref soulèvement populaire qui a expulsé le dictateur sans vraiment faire l’ablation radicale du noyau dur de la dictature.

Nous sommes soumis à la dictatoriale loi universelle du temps qui avance sans jamais faire même un pas en arrière. L’avancement  inexorable du temps n’empêche pas un retour sur le passé, de l’examiner et porter un jugement sur les éventuels scénarios qui auraient prendre place pour peu de choses. Un concours de circonstances extraordinaire a permis à la candide Tunisie d’atterrir sur la bonne piste. Sans l’une des conditions qui se sont enchainées pour acheminer le pays à l’exit de sécurité, la révolution aurait dû subir un retour de manivelle. Bien entendu, tout le monde, excepté les science-fictionnistes, admet que le temps ne revient jamais en arrière. Il ne nous reste du passé que l’histoire qui est la mémoire des nations. Mais le rembobinage du temps nous permet de nous arrêter sur des croisées où les chemins bifurquent. L’entame d’une autre voie aurait dû être fatale et personne ne pourrait jauger l’ampleur des conséquences.

Revenons aux premiers jours d’émeutes et rappelons que le chef de l’État était parti pour fêter un triomphal réveillon à Dubaï. De prime abord, il a manifesté la nonchalance quant à la tentative de suicide du jeune tunisien, ce qui a entrainé un notable retard de réponse vis-à-vis l’incident. Le 28 Décembre 2010, après onze jours de l’artéfact de stimulation, le président s’est rendu au chevet du jeune suicidaire placé en soins intensifs au Centre de traumatologie et des grands brûlés de Ben Arous. Les médias violets n’ont pas manqué l’évènement et ont diffusé, dans un coup médiatique minablement monté, l’image d’un père de nation bienveillant, ayant le cœur sur la main, partial aux questions de son peuple, s’enquérant soucieusement de l’évolution de l’état de santé du jeune au bloc de réanimation, et exprimant sa gratitude à l’équipe médicale dévouée. Par la même occasion, le président s’est adressé aux insurgés via une modique frivolité. Le temps de latence, jugé extrêmement long, a attisé davantage l’exaspération du public. Le soulèvement est devenu intraitable. En 2008, à cause du chômage, de la misère et la dégradation sociale, le bassin minier de Gafsa était le théâtre d’un énorme soulèvement populaire  qui a perduré des mois. En 2010, La région de Ben Gardane, sur la frontière libyenne, a été embrasée par une sédition qui a duré plusieurs jours suite à la mesure libyenne visant à mettre fin aux trafics frontaliers qui représentait le gagne-pain de l’essentiel de la population de cette région. Mieux encore, en Mars 2010, Abdessalem Trimech, jeune homme âgé de trente-et-un printemps, vendeur ambulant de friandises venait de mettre désespérément fin à sa vie par un acte d’immolation par le feu à l’intérieur du siège du gouvernorat de Monastir. L’incident n’a pas suscité de vives réactions de l’audience malgré l’apparition d’une page Facebook « Tous ensemble avec Abdessalem Trimech ». Tout s’explique. L’hypothèse la plus plausible de l’échec de Ben Ali à contrer la révolution de 17 Décembre 2010 est le retard de sa réaction face au fléau s’élançant à la conquête de tous les recoins du pays. Trimech avait plus de chance que Bouazizi d’allumer une insurrection pour son appartenance à une famille de sportifs de haut niveau. En effet, son frère Ahmed Trimech est basketteur et sa sœur Ibtissem Trimech est jeune rameuse médaillée d’or et d’argent aux Jeux africains d’Alger en 2007. Cependant, la prise au sérieux du suicide du jeune père de famille Trimech, l’anticipation préalable et la mise en place des dispositions sécuritaires fermes ont tué dans l’œuf l’ébauche d’une probable révolution. Ben Ali s’est empressé de rencontrer le père et le frère de la victime et a choisi les menaces de mort en guise de condoléances, s’ils s’avisaient de s’exprimer. À l’instant même de l’indicent, les forces de police ont quadrillé la ville, voitures blindées ratissaient les artères principales, policiers en civil patrouillant dans les sentiers et ruelles. La ville était dans le collimateur des autorités. Pendant les funérailles de Trimech, certains ont essayé de s’infiltrer à l’intérieur du bâtiment du gouvernorat de Monastir. D’autres ont arraché les plantes qui l’entourent. Le cordon de police renforcé diligemment par un régiment armé de Bop a mis la situation sous contrôle. L’inhumation de la victime est marquée par une très grande présence sécuritaire. Ben Ali et ses subalternes ont bien manigancé et la stratégie a apporté son fruit : L’information n’a pas circulé. Le régime vacillant a dû soupirer. De même pour le soulèvement populaire de la région du bassin minier et de Ben Gardane, la prise en charge précoce et la répression sauvage des insurgés, dont deux jeunes au moins ont été tués par la police et des dizaines étaient blessés, a étouffé la torche d’une rébellion avant qu’elle puisse incendier d’autres lieux. Les meneurs du mouvement, traduits en justice, ont été taxés d’une affligeante peine de prison. L’engourdissement du régime et son hésitation à « faire le nécessaire » en réponse à la tentative de suicide de Bouazizi, que les médias violets l’ont qualifiée de « cas isolé », a rendu la révolution incontournable. Le manque d’une riposte immédiate, d’un agissement prudent, d’un vaccin antiémeute de la part du président qui, à ce moment précis, se baladait dans les hôtels de luxe à la « ville de l’or », tous ces facteurs étaient déterminants du sort de la mutinerie et du peuple qui l’a fabriquée. Les vacances intempestives payées aux frais publics étaient une lacune meurtrière du régime. L’absence de Ben Ali est au soulèvement populaire ce qu’est au feu le vent ; il éteint le plus petit et attise le plus grand.

 Un autre facteur limitant, sans lequel la révolution ne pourrait pas avoir lieu, serait assurément la contagiosité de l’acte révolutionnaire. Si les autres régions n’avaient pas fait preuve de solidarité et n’ont pas couru au secours de Sidi Bouzid, les premiers récalcitrants auraient suffoqué et la lueur du changement n’aurait jamais apparaitre. En effet, plusieurs unités policières ainsi que militaires ont cerné la zone brûlante pour faire de Sidi Bouzid un terrible camp de concentration. Le poids des gardiens de la paix était suffisant pour écraser les mutins dont le slogan a progressé de  la revendication de droits sociaux au changement politique intégral. Les Tunisiens ont prêté l’oreille à l’appel de détresse de Sidi Bouzid, ont amplifié la clameur des émeutes pour donner du fil à retordre aux forces de l’ordre. À 24 décembre 2010, déjà avant la première manifestation officielle du dictateur, la révolution s’est étendue à Menzel Bouzaïane, banlieue de la ville de Sidi Bouzid. À partir de 3 janvier 2011, la mutinerie a migré à tout le centre-ouest du pays ; Thala, Regueb, Kasserine... La police ébranlée tirait anarchiquement à balles réelles. Le ton est donné : la désobéissance civile s’est métamorphosée en une révolution au sens sémantique du mot. Quelques jours après, la rébellion a recueilli des nouvelles recrues du pays entier. Le voilà désorienté, sans repères, accablé par l’idée d’une cession du pouvoir, si chèrement acquis grâce à un coup d’État audacieusement accompli au risque de perdre la vie, notre Ben Ali n’a pas pu renouer avec son glorieux passé, son palmarès exceptionnel en l’assujettissement des velléités de contestation publique. En 1984, Mohamed Mzali, Premier ministre de l’époque a convoqué Ben Ali, qui était ambassadeur à Varsovie, suite aux émeutes sanglantes du pain pour le désigner comme Directeur de la Sûreté nationale. Il voyait en lui un répresseur par excellence, unique en son genre. Ses qualités en la matière lui ont permis d’être promu ministre de l’Intérieur puis d’être « élu » président de la République.

La solidarité révolutionnaire des compatriotes aux habitants de Sidi Bouzid est allée de pair avec l’accessibilité des moyens de communication, notamment téléphone portable et toile. Nul n’ose rapetisser le rôle joué par les outils de transmission dans la narration de l’évènement qui a atteint une audience mondiale. Le monde entier était tout yeux tout oreilles à l’évènement tunisien.

Imaginons si Ben Ali, le benêt, a eu l’inspiration de briser tous les moyens de communication disponibles à l’instar de Khadhafi qui, pendant la révolution libyenne, a coupé l’internet, a rendu impossible les communications téléphoniques avec l’étranger et a brouillé la chaîne Al-Jazeera. Imaginons si Ben Ali, le sot, avait l’éclair de génie d’assécher toutes les sources du pays ; eau, électricité et communications téléphoniques, à l’image de la violente réplique d’al-Assad aux séditieux syriens. Si les réseaux de communication, efficiente alternative à la désinformation officielle, procédé capital de rassemblement et de coordination entre les insurgés, étaient cavalièrement rompus, le soulèvement populaire aurait été anéanti. Toute voix discordante aurait été bâillonnée.

« C’est l’armée qui a lâché Ben Ali quand elle s’est refusée – à l’inverse de la police du régime – à faire tirer sur la foule », a déclaré l’ex-chef d’état-major et ex-ambassadeur en Tunisie, l’amiral Jacques Lanxade. Nul n’ose omettre le rôle héroïque joué par la grande muette notamment la décision courageuse de Rachid Ammar, Chef d’état-major de l’armée de terre, l’homme fort de la révolution, qui a eu l’audace de s’opposer à Ben Ali, alors courroux et incompréhensif. Ben Ali a appelé l’armée à la rescousse pour dompter la rébellion jusque-là fomentée dans seulement les régions intérieures du pays. Le général a accepté de poster des soldats afin de tempérer les ardeurs. Il a rappelé son supérieur, le Chef suprême des forces armées, que l’armée est là pour défendre l’État des agressions extérieures, chasser les intrus et terroristes, mais ouvrir le feu sur les citoyens est complètement inadmissible. La non-intervention de l’armée a évité une horrible hécatombe. Personne ne peut oublier l’odieux « Jeudi noir » de 26 janvier 1978 où les manifestations pacifiques se sont transformées  en un drame sanglant. La police, inhabitée à affronter un tel tumulte populaire, s’est effacée devant l’armée qui a pris la relève pour rincer les lieux. Le bilan en pertes humaines était lourd, si écrasant qu’on ne comptait pas moins de mille deux cents victimes. Aussi, l’armée est intervenue avec des blindés lors des émeutes de pain en 1984. La récupération de l’ordre public était aux dépens de plus que cent cinquante morts et des centaines de blessés. Imaginons que l’armée a intégralement traduit en actes les ukases de Ben Ali qui était déterminé à bombarder les révoltés du quartier de Kasserine par les forces de l’Armée de l’air Tunisienne. Imaginons que les soldats ont reçu l’ordre d’estourbir tout ce qui bouge dans les rues. Quel serait le prix de la révolution ? Cette dernière, aurait-elle sa fin heureuse telle que nous la connaissons aujourd’hui ? Le pays, serait-il affranchi de la persécution, dont sa figure emblématique Ben Ali ? On est tenté de répondre par la négative.

Pendant les évènements, lorsque l’agitation a culminé à un niveau irréversible, les services de renseignement se sont trouvés perplexes, inaptes à démêler le vrai du faux quand la rumeur venait de s’ajouter funestement à la vérité. Entre rumeur et tumeur, une seule lettre diffère. La rumeur est un cancer de la parole. L’on-dit circulant d’une manière incontrôlable a métastasé l’insurrection. Le terrain étant pêle-mêle, la salle d’opérations était désemparée et impuissante à mener des minutieuses opérations coup-de-poing, à réagir stratégiquement et contrer l’assaut populaire. La confusion régnait et aucun appareil de l’État ne pouvait prétendre que la situation était sous son contrôle. Très haut dans la sphère de l’État, la confusion a grimpé jusqu’au délire pur et dur. La mauvaise lecture et interprétation de ce qui se déroule, l’hallucination chevillée à la raison, l’appréhension et le surmenage ont conduit le Chef de la garde présidentielle à raconter à son patron des salades. L’une des histoires les plus impensables de 14 janvier 2011 est celle de l’hélicoptère planant au-dessus du palais, muni de militaires cagoulés chargés de descendre le président. Ben Ali, crédule aux bobards de son officier, a appelé Ridha Grira, ex-ministre de la Défense, pour lui faire part de ses inquiétudes concernant cet hélicoptère. Ce dernier a démenti l’information en rappelant que seul le président de la République peut autoriser, par écrit, le décollage des hélicoptères militaires. Ali Seriati a affolé Ben Ali en lui racontant qu’il y avait soixante mille manifestants devant le ministère de l’Intérieur alors qu’il y en avait dix fois moins. Il lui a annoncé le regimbement de la brigade anti-terroriste et l’arrestation de quelques membres de sa famille et de sa belle-famille à l’aéroport. En exploitant la crainte de son patron, l’officier « sécurocrate » du Palais de Carthage a jeté un véritable épouvantail aux yeux de Ben Ali, contraint à se dissocier du pouvoir. L’arrestation hâtive de Seriati a voilé ses véritables intentions et a tué la poule aux œufs d’or. Ses vrais motifs seront connus à l’issue de l’enquête judiciaire en cours. Lors d’une des audiences au tribunal militaire, Ali Seriati a déclaré en substance : « L’ancien président Zine El Abidine Ben Ali n’a jamais voulu s’enfuir et quitter la Tunisie. C’est moi qui l’ai forcé et poussé dans l’avion pour partir le 14 janvier 2011 ». Selon lui, avoir forcé Ben Ali à quitter le pays a permis d’éviter « un bain de sang » à la Tunisie. Admettons cette hypothèse qui semble prévaloir sur les autres causes qui ont confectionné l’évasion du dictateur. Si Ben Ali s’est entiché au fauteuil présidentiel et a décliné toute proposition de renoncer au pouvoir, que se passerait-il ? La placide Tunisie aurait sombré dans le sang, le vandalisme et l’anarchie. Rappelons le paradigme libyen où l’opiniâtreté de Kadhafi a glissé le pays dans les gouffres d’une guerre civile sans merci, aggravée par une ingérence militaire internationale. Heureusement pour la Tunisie que son ex-président était, à l’inverse de Kadhafi, froussard. L’attachement de Ben Ali au trône aurait entrainé son pays dans une dépression sans pareille, une récession qui donnerait l’eau à la bouche aux forces impérialistes convoitant intensément « la perle de la méditerranée ». La France n’hésiterait pas à imposer un deuxième protectorat au « pays-esclave » qui se vante d’avoir décroché sa «  pseudo-indépendance » depuis la moitié du XXe siècle. Quant aux États-Unis, il s’en est fallu d’un cheveu qu’ils concrétisent le rêve d’instaurer une base militaire en Tunisie.

Le colonel Sami Sik Salem a dû attendre une année pour que l’État puisse reconnaitre son bravoure  lié à la décision judicieuse et téméraire qu’il a entrepris, la nuit de 14 janvier, juste après l’escapade du despote. Alors que le chaos était le maitre de la situation, Le colonel s’est affairé à combler le vide politique en choisissant d’appliquer la procédure constitutionnelle en cas de vacance du pouvoir et a convoqué Mohamed Ghannouchi, ex-Premier ministre, Fouad Mebazaa ex-président du parlement, Abdallah Kallel, ex-président de la chambre des conseillers pour diffuser un discours télévisé mentionnant que Mohamed Ghannouchi assurera provisoirement les fonctions du président de la République. Le lendemain, le peuple tunisien mécontent a revendiqué l’application de l’article 57 de la Constitution pour rayer définitivement le possible retour de Ben Ali au pouvoir. Ainsi, Fouad Mebazaa est devenu président par intérim.

À l’inverse de Samir Tarhouni, « superman de 14 janvier », pompeusement médiatisé pour avoir orchestré l’arrestation de certains proches de Ben Ali à l’aéroport, Sami Sik Salem était taciturne et a refusé de déballer des balivernes concernant son agissement patriotique. 

Au lieu d’être promu et gratifié, Sami Sik Salem était arrêté pour seize jours, sans savoir pourquoi, avant d’être libéré. Seulement en janvier 2012, le président Moncef Marzouki a annoncé qu’il a alloué au colonel Sami Sik Salem le grade de colonel major et l’a nommé conseiller auprès du président de la République chargé de la direction générale de la sécurité du chef de l’État et des personnalités officielles.

Imaginons que le colonel Sami Sik Salem n’a pas pris cette mesure courageuse, que se passerait-il ? Son supérieur Ali Seriati guettait le pouvoir. La Tunisie était livrée aux pillages et à la destruction. Manufactures, kiosques, palais de finance, office de police, tribunaux, magasins, entrepôts,… tous ont subi des incursions si ce n’est qu’en flammes qu’ils étaient réduits. Qui a donné l’ordre à l’armée de sécuriser les quartiers et répondre aux appels de détresse des citoyens agressés, si ce n’était que Mohamed Ghannouchi ? Qui a permis à la Tunisie de sortir la tête de l’eau, alors dévastée d’une fermentation ensanglantée, si ce n’était que la durabilité des rouages de l’État et le respect de la constitution ? Jetons un coup d’œil sur le putsch de Mali de 22 mars 2012. Regardons comment la suspension de la Constitution par la junte militaire qui a squatté le palais présidentiel de Bamako a noyé le pays dans le désordre, la déprédation et l’insécurité. La fermeture des frontières a asphyxié l’économie malienne. La diplomatie internationale a arboré son déplaisir et son refus de coopérer avec les putschistes. L’Afrique arriérée continue à offrir au monde l’image peu reluisante d’un archaïsme et d’un anachronisme propice à une recolonisation impérialiste. La franc-maçonnerie du nouvel ordre mondial œuvre consciencieusement sur cette affaire. Aiguisant l’appétit, les richesses de l’Afrique font l’objet d’un projet secret connu sous le nom du « projet Camelot ». Après avoir exterminé les Africains, le continent serait partagé entre les héritiers occidentaux. Déjà, l’Afrique est proie à un interventionnisme accru.

Les Tunisiens n’ont pas oublié les jours de braise qui se sont ensuivis de la fuite de Ben Ali. Les voyous, à qui s’additionnent les criminels libérés par le directeur de la prison de Mahdia le 15 janvier 2011, vagabondaient dans les rues. Les milices du rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), la police politique, mercenaires, tireurs d’élite et alliés encore fidèles à Ben Ali et sa famille circulaient librement dans les artères du pays, terrorisaient les citoyens en massacrant froidement des âmes candides. Beaucoup d’armes à feu ont été volées des postes de police attaqués et pillés.  L’atmosphère était peinte d’une panique intense qu’on en avait le souffle coupé. Slim Chiboub, le gendre de Ben Ali, a affirmé que huit cent voitures bourrées d’explosifs ont été disséminées à travers tout le pays, principalement à Tunis, par les dirigeants de la police tunisienne. Ayant pris l’aveu au sérieux, l’armée a passé la capitale au peigne fin. Devant cette situation cauchemardesque, des comités de quartiers se sont formés, en seulement vingt-quatre heures, partout dans le pays. La population civile était à bout de nerfs. Elle a elle-même érigé un système de sécurité d’une fiabilité sans faille. Des barrages ont été étalés à l’entrée des quartiers. Chaque véhicule est obligé de s’arrêter pour la fouille. Les jeunes, armés de bâtons, de couteaux et de fusils de chasse, se sont tenus en faction et coordonnaient harmonieusement avec l’armée, seule institution légitime dans ces moments.  

Les comités de quartiers, constitués à l’improviste, ont vaillamment avorté, contre toute attente, un complot qui s’est tramé dans l’ombre pour maintenir le pays dans le chaos. La vigilance et la solidarité des Tunisiens venaient compromettre ce projet pernicieux. Certaines milices ont été arrêtées par les comités de quartiers et tant d’autres ont abandonné l’acheminement de la conspiration visant la sûreté de l’État. Si ces comités ne se sont pas formés, la révolution ne connaîtrait jamais son élan pacifique qui a ahuri le monde.

Et pour finir, un dernier élément, pas moins important que les autres, a joué en faveur de la révolution tunisienne. Lequel ? C’est la révolution libyenne, sans doute. Elle aurait évité un scénario crument sanglant en Tunisie. Comment ?

Après la renonciation au pouvoir, Ben Ali a trouvé un asile magnanime à l’Arabie Saoudite. Il s’est adonné à la lecture et la prière, une vie paisible d’un vieillissant qui attend la fin de ses jours. Quant à son épouse Leïla, elle avait du mal à avaler la pilule. Elle, qui a songé depuis toujours à prendre le relève à son mari, n’a pas accepté l’amère réalité de déguerpir du palais aussi précocement. L’indigestibilité de la confiscation du pouvoir par le peuple tunisien et la capture des êtres qui lui sont chers ont incité l’ex-reine de Carthage à prendre sa revanche sur ses ennemis. Dès la fuite de son époux le 14 janvier, elle s’est mise très vite en cheville avec Kadhafi pour reconquérir la Tunisie. Début février 2011, le dictateur libyen avait déjà formé une armée de trente mille mercenaires du Tchad, Niger, Somalie, Serbie,… pour ramper sur Tunis. Kadhafi, enviant la Tunisie depuis son coup d’État contre l’émir Snoussi, ne s’est pas lassé de pourchasser son aspiration profonde, tantôt diplomatiquement, tantôt militairement. Le 12 janvier 1974, Kadhafi et Bourguiba ont signé à Djerba sur un papier sans en-tête de l’Ulysse Palace l’union mort-née de la Tunisie et de la Libye. Hédi Nouira, Premier ministre de l’époque, a émis des réserves, ou plutôt a opposé énergiquement son veto à l’union projetée. Les évènements de Gafsa en 1980, action commando menée par la Libye dans la ville de Gafsa, témoignent l’irrésistible envie de joindre la Tunisie à la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste. Pour le colonel Kadhafi, l’échappée de Ben Ali s’est avéré un terrain propice à l’éclosion de son vieux rêve. La grande muette tunisienne constituée de seulement trente-six mille gendarmes ne résisterait point à l’assaut. Kadhafi a promis Leïla de vandaliser la Tunisie, la transformer en  un champ de ruine qui ferait un tapis rouge à la reine pour recouvrer le pouvoir. Malheureusement pour elle, Kadhafi s’est servi de ses trente mille mercenaires pour organiser sa défense contre l’insurrection libyenne. Au terme de la guerre, il a fini par être enseveli dans un linceul.

La sédition libyenne, une grâce tombant du ciel, survenant au bon moment, a aboli le plan machiavélique qui a allié Leïla à Mouammar. À faute de quoi, un malheur sans pitié s’abattrait sur la chanceuse Tunisie, s’échappant de justesse d’un désastre effroyable.

Sans que la liste soit exhaustive, ces quelques éventualités auraient été susceptibles de basculer la révolution de jasmin dans un détour infernal, semé de mines, très dissemblable à ce qu’on contemple à l’occurrence.

Published by Achref Snoussi - dans critique politique
commenter cet article
8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 21:33

L'auteur :


Achref SNOUSSI est un être humain qui a connu précocement les brusques contrastes des sentiments. Après avoir écrit « La braise d’amour et de la vengeance », premier roman autobiographique, il renouvelle l’expérience et réarrange le puzzle pour recréer l’image originale de ses réminiscences dans un deuxième roman intitulé
« Le brandon de la passion ». Humaniste et idéaliste, il a décelé les injustices de la vie et a compris que l’ère actuelle ne nous offre que des scènes du malheur, un diable noir qui a envahi tous les recoins habitables de la terre. Dans cette perspective défaitiste, l’auteur a fait une autoévaluation dans un mouvement introspectif remontant jusqu’au berceau d’une tendre enfance, passant par le frémissement d’une adolescence en verdure, et finissant par un ternissement psychologique âpre au commencement de sa maturation. A travers des pages bondissantes, l’auteur revivifie les histoires anciennes, les évènements majeurs de sa vie et toutes les choses qui ont bousculé sa quiétude au fil des années. Les blessures rouvertes, les égratignures à jamais soignées, et les chocs émotionnels éternellement gravés, enchevêtrés avec une brise parfumée soufflant sur des moments doucereux, ont tous chatoyé les souvenirs ainsi que des cristaux de diamant. L’entourage a été décisif dans l’élaboration de la personnalité de l’auteur. La famille et l’environnement dans lequel il a vu le jour ont influencé le cours de l’histoire. L’empreinte de la vie scolaire, siège de la majorité des activités enfantines, est également indélébile. Le côté affectif, suffisamment prononcé dans ce texte, reflète le double aspect de l’amour chaste ; une rose éthérée qui captive par la splendeur de ses pétales et qui fait saigner au toucher par sa tige urticante.

L'ouvrage :


Quand l’amour, le sentiment le plus noble évoqué dans tous les arts terrestres, se réduit à sa dimension juvénile, et lorsqu’il commence à palpiter les cœurs innocents dès l’aurore de la vie, il dépeint sa valeur inestimable d’une exhalation éthérée. L’auteur divulgue ici son expérience personnelle quand la passion a remué son cœur à plusieurs reprises désespérées et quand le flot des émotions débordantes s’est éclaté dans son cœur pour jaillir dans les pages d’un passé fugitif. Balloté entre les déchirures et le rêve, il se trouve trahi par sa langue qui n’a pas trouvé l’essor à l’expression. Néanmoins, son élan frénétique lui a tendu la main pour l’aider à écrire en survolant, loin de tous les désirs charnels qui ont souillé la terre, dans l’Elysée de tout ce qui est pur et angélique. Dans cette tentative de détresse, il met en lumière la tension entre souffrance et bonheur qui l’a accaparé depuis sa tendre enfance jusqu’au goût du jour. Ecartelé entre le rêve et la réalité, il s’exprime et revendique, d’une voix plaignante et saccadée, une passion inconcevable mais vraie.

 

Liens :

 

Ebook *LE BRANDON DE LA PASSION* Achref SNOUSSI 2010 LuLu


ou

 

Ebook *LE BRANDON DE LA PASSION* Achref SNOUSSI 2010 Edition 999

 

 

Bonne lecture !

 

       ***

Published by Achref Snoussi - dans romans
commenter cet article
5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 21:00

« Je te tiens ! », soupira Charles d’un air badin, le regard brillant de mille feux quand il réussissait à chaque fois d’arracher des rires candides sur la frimousse angélique d’Emmanuelle. Depuis un temps, celle-ci, noyée dans un bain de bonheur grandissant, se laissait aller avec l’afflux généreux sans manifester aucune résistance. Ses yeux, deux saphirs éblouissants, perlaient d’une béatitude sans pareille, celle de la découverte d’une  première idylle véhémente miroitant le zèle qui s’auréolait autour de toutes les personnes amoureuses de son âge. Elle n’a que seize printemps alors qu’elle a vite fait de succomber au charme d’une aventure aussi tumultueuse que curieuse quand Charles, un copain de classe, n’a pas refusé de sortir la voile, monter la mer et embarquer, dans un climat propice, propre à fasciner les voyageurs intrépides à la recherche d’une félicité à deux. Les deux adolescents n’arrêtaient pas de voltiger après chaque séance de cours qu’ils considéraient ennuyante. Dès que cette dernière fut terminée, ils se répandirent dans la nature, humant, côte à côte, le bras dans le bras, l’effluve suave de tout ce qui les entourait. Et lorsque la nuit les cernait, des interminables séances SMS, levées en guise de support,  prenaient lieu pour achever ce qu’ils ont manqué de dire le jour.

De l’amour chaste, il y en avait. Les deux jeunes amoureux n’arrêtaient point de courir derrière les hordes de papillons, de fondre dans le charme des trilles d’oiseaux, de pourchasser rigoureusement un délice fugitif qu’ils avaient l’habitude de trouver dans leurs balades quotidiennes. S’incliner aux chants mélodieux de rossignols, admirer la parade exceptionnelle des hirondelles, contempler aisément tout ce qui était beau dans ce monde était tout ce qu’ils avaient à faire au fort de leur relation consistante. Charles était un adonis dont la nature a doté de toutes ses grâces. Il était si pittoresque qu’un tableau artistique dessiné par un peintre ambidextre. Une magnificence s’éclatant de son visage adamantin laissait tous les regards, essentiellement féminins, fixes sur lui comme un homme de spectacle qui excelle sur scène. Une nuit luisante se dressait sur sa tête parfaitement arrondie, longuement caressée par les doigts tendres de sa mère pendant toute l’aurore de sa vie. Des yeux aux couleurs incompréhensibles, sombres  de loin, mais loin d’être sombres, effilés comme une feuille verdoyante, s’étalaient entre des paupières, à peine visibles, dévoilant un regard pénétrant à partir duquel s’écaillait une malice vague et imprévisible. Ses sourcils, peu abondants, cloisonnaient sa face, opulente de beauté, par une haie droite ayant la coutume de  retenir les gouttelettes de sueur qui inondaient son front aux moments forts et délicats. Son nez de taille moyenne, marqué par quelques grains de beauté parsemés et limpides, mitoyen entre deux pommettes roses incorporées incontestablement dans le secret de son éclat, était noyé au fond de son visage pour devancer une bouche minuscule séduisante et pourvue d’une teinte également rose, mais plus corsée. Vêtu d’une peau opaline, légèrement rosâtre, il scintillait dans l’univers comme un oiseau rare. Il avait une taille moyenne et un sourire marrant captivant les regards les plus indifférents. Quant-à elle, Emmanuelle, svelte comme une gazelle, ne manque rien pour dire qu’elle était une jouvencelle sans égale. Sous ses cheveux châtains, scintillaient des yeux azurés qui faisaient le piédestal d’une beauté démesurée. Sa mine angélique s’accentuait lorsqu’elle laissait émerger un sourire candide qui s’étalait, comme une vitalité immarcescible, sur son visage anodin. Ses joues s’empourprant dans les ultimes secondes des moments chauds ne dissimulaient ni sa personnalité coquette ni sa belle voix polychrome. On dirait qu’elle était née pour séduire. Pourvue d’une taille parfaite, un atout de séduction inébranlable, elle ne pouvait guère empêcher les œillades, y compris celles de Charles, qui se déambulaient sur son corps jouissant de mille merveilles. On dirait qu’ils sont nés l’un pour l’autre, complémentaires et harmonieux, ainsi qu’une clé à la serrure. Dans leurs passages à travers les boulevards de la cité, ils réussissaient à chaque fois de figer les regards, voire même déceler l’admiration. Par contre, au lycée, comme des messagers de mauvais augure, les surnommés « amis » se réfugiaient au sabotage. Ce n’était pas aussi étrange que tout le monde savait inventer des histoires là parce que l’envie les étouffait de la belle aube aux tristes soirées. Même les professeurs, ils se sont rendu compte de l’intimité naissante entre les deux amoureux. Pendant les cours, ils semaient, eux aussi, le barbelé à leur chemin pour les évincer à tout prix. Se faire gronder et humilier devant les copains de class, tel était le prix à payer pour cette relation. Tout cela ne faisait que trépigner le couple qu’il se précipitait à se réunir après chaque séance. D’ailleurs, même dans la salle de classe, un langage de signes époustouflant a vu le jour sous l’affût mignon de ce penchant naturel : Un jeu de physionomie, de magiques gestes, comme si les cœurs discutaient, une sorte de télépathie, s’échangeaient prépondéramment entre les deux épris alors que les autres s’efforçaient vainement à décoder ces messages indéchiffrables comme un grimoire. Un cancan parcourait le lycée où ils poursuivaient avec succès leurs études. Des critiques, parfois sévères, allant jusqu’au mépris les contrariaient mais ne faisaient que consolider leur amour sacré.                                

 

Published by Achref Snoussi - dans nouvelles
commenter cet article
3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 21:15

Deux points de vue divergents ne signifient pas systématiquement que l’un est juste et que l’autre est aberrant. Considérons le principe anthropique qui dit que l’univers a été façonné pour servir l’Homme. Mais qui a créé l’univers? Il y a certainement une puissance créatrice qui a généré cet univers, dont particulièrement la terre qui a hébergé l’être humain. Les croyants appellent cette puissance Dieu alors que les athées attribuent la création à la nature ou au hasard. L’être humain faisant partie de cette création est un être assez frêle, ignorant, mais prétentieux aussi. Il suffit de voir comment il crève assez promptement lorsque la rage de la nature se déchaine. La récente secousse de la terre haïtienne n’est qu’un simple exemple. Ainsi, l’histoire regorge des erreurs anthropiques, des défaillances et des injustices qui ne sont que la manifestation pure et dure de l’élémentarité de la raison humaine. Il suffit de revenir un siècle en arrière pour se rendre compte de la cruauté de l’Homme, celle qui a engendré une première mais aussi une deuxième guerre mondiale, pendant lesquelles il s’est servi par les plus dévastatrices des armes. L’expansion industrielle ne cesse point de tuer l’environnement, tels sont les traces des catastrophes nucléaires, à titre d’exemple, dont les dégâts sont discernables jusqu’à l’heure actuelle. Sans oublier les luttes à l’enrichissement, le racisme, la pollution…, qui étouffent encore tous les coins du globe gémissant à mi-voix…

Néanmoins, l’autre face du revers semble plus brillante, regardons les exploits de l’humanité, le progrès de la science, le raffinement de la technologie, la socialisation des communautés, l’embellissement de l’existence, la mondialisation, la facilitation de l’accès à l’information, l’approvisionnement des soins, la découverte de l’espace… Cette ascension légendaire à un niveau suprême de conscience depuis la deuxième moitié du vingtième siècle nous a laissés pantois devant ce que l’Homme n’a pas pu faire depuis son apparition sur terre il y a 2 millions d’années. Dans le règne du vivant, unique créature douée de la raison, l’Homme est le maitre de la planète. Les musulmans conçoivent que Dieu a confié cet emplacement majestueux à l’Homme pour lui permettre d’honorer son créateur sur la terre. Soyons adeptes de cette opinion : L’Homme ne doit pas prendre des grands airs et agir avec jactance mais plutôt assumer la responsabilité et être à la hauteur des attentes divines.

Published by Achref Snoussi - dans critique historique
commenter cet article
28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 14:17

Depuis l’antiquité, l’Homme a été toujours cette créature distincte, semblant distincte des autres. Il a été privilégié sur les autres êtres vivants. Parmi les avantages exclusifs dont il jouissait avec, on peut mentionner la possession de la raison. Cette propriété a été indispensable pour donner naissance à des savants, des philosophes, des travailleurs, des fondateurs… Ils ont tous contribué à construire la civilisation, à rectifier les choses, à faciliter les tâches… l’Homme possède un corps comme tous les autres animaux. Cependant, les bêtes se servent de leurs organismes uniquement pour satisfaire leurs besoins biologiques. Instinctivement, ils cherchent à procurer de la nourriture, à se reproduire… Pourtant, l’Homme emploie son corps délibérément pour non pas seulement assurer sa pérennité, mais aussi pour pousser le monde vers un avenir meilleur. Ainsi, l’Homme est doué d’une âme, un petit terme  qui désigne trop ; En faite, l’âme a poussé l’Homme à éprouver des sentiments, à s’engager à des croyances. Ces deux caractéristiques ont installé l’Homme sur le trône du pouvoir pour gouverner l’univers et pour le détourner pour son propre profit. L’Homme est devenu multidimensionnel. Il a politisé la vie en créant des règles, des préceptes pour encadrer son entourage, pour que chaque personne connaisse ses droits et ses devoirs. Les hominiens se sont répandus sur la terre, un globe sans frontières présentant des caractéristiques physiques différentes. Dans la douce dureté de cette planète, L’Homme s’est  accoutumé aux conditions du milieu en maniant l’environnement avec la subtilité dont il a été doté. Ainsi les Hommes ne sont pas tous nés dans le même cadre spatio-temporel, ils n’ont pas tous vécu ni les mêmes circonstances, ni les mêmes expériences. Chacun a ouvert les yeux dans un lieu différent. Chacun se trouva dans une famille différente, dans une société différente. Ceci a conféré le point de vue à l’Homme. Chacun a ses propres opinions, sa propre pensée, ses propres principes, sa propre croyance. Pourtant, les gens issues d’une même société, d’un même entourage se ressemblent dans leur mode de vie, dans leurs réflexions. Plus que ça, les personnes qui dérivent d’une même famille ont une forte affinité étant donné qu’ils partagent le même entourage. Pourtant il y a toujours des petites dissemblances. Même les frères jumeaux qui ont une analogie physique énorme, ils ont des avis divergents. Cet écart dans les idéologies a enjolivé la vie en lui donnant un aspect diversifié ainsi qu’un cocktail exquis. Malgré tout ça, on arrive toujours à se comprendre, à communiquer et à se rassembler pour défendre les mêmes causes. On a toujours envie de fréquenter les autres, de choisir des amis, pour partager les joies et les chagrins. Quoiqu’on ait toujours besoin de l’autre pour s’entraider et pour bénéficier de son appui, on désire aussi se rapprocher de quelqu’un pour lui confier les secrets, pour lui raconter des histoires, pour s’amuser ensemble. Cela nous fait atteindre l’équilibre moral en satisfaisant les besoins de l’âme. Néanmoins, les temps ont toujours envie de nous contrarier. On court toujours dans la mauvaise piste. On marche toujours à contre-courant. Le chemin est long. Il est si long qu’il s’étend à perte de vue. Il présente tant des obstructions. Parfois on arrive à les franchir, parfois on échoue. Certes, les échecs sont beaucoup plus nombreux que les succès.

Published by Achref Snoussi - dans critique historique
commenter cet article
12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 16:48

         Khazdadar 1

 

          Tout le monde connait ce type, connu sous le nom de Mustapha Khaznadar, déclassé dans les ordures de l’histoire, ce vaurien qui s’est accaparé de la cagnotte du pays et qui a instauré une politique financière déplorable imposant une fiscalité extrêmement dure, et déployant la main, comme un gueux, aux emprunts français. Tout le monde se souvient de sa lâcheté et ses méthodes infectes de mâter l’insurrection, résultat de son injustice et sa malversation. Nul ne serait disposé à pardonner le sang des Tunisiens qui a coulé dans le contexte de la résistance à l’envahissement français, dû principalement au saignement du budget de l’État. Un saignement financier était traduit en hécatombe sanglante au terme d’une complicité entre le Bey et cet acolyte mesquin.

          Comment se fait-il qu’un minable réfugié Grec décroche la timbale en Tunisie ? Un piètre esclave est devenu une grande légume, un notable qui mettait la main sur tous les appareils de l’État, allant de l’armée jusqu’à le poste imposant du grand vizir, passant par le ministère des Finances. Importantes nominations, titres de noblesse et majestueuses gratifications, méritait-il tous ces titres de gloire ?  Fils prodigue, un sournois, une scorie, il n’a jamais été aux yeux de ses concitoyens. Étant au ban de la société, il a passé ses vieux jours haï et isolé. La menace d’être assassiné était suspendue sur sa tête comme une épée de Damoclès. Offrir l’asile à un tel ingrat n’est que réchauffer un serpent dans son sein. Le laisser trépasser dans le massacre de Chios, à l'instar de son père, lui aurait été une équitable punition. Voyons maintenant à serrer d’un peu plus près les circonstances qui ont amené Khaznadar à la trésorerie de l’État.

          Son vrai nom est Giorgios Kalkias Stravelakis. Il était né en 1817 à Kardamila sur l’île grecque de Chios. Capturé avec son frère Yannis en 1821 alors que son père Stephanis Kalkias Stravelakis fut massacré, prélude au massacre de Chios de 1822, il était conduit à Izmir puis Constantinople où il était vendu comme esclave à un envoyé du bey de Tunis. Il avait le cul bordé de nouilles d’avoir échappé à la mort dans un premier temps et d’être ensuite racheté par la famille royale. Élevé dans la famille beylicale par Mustapha Bey, puis par son fils Ahmed Ier Bey alors que celui-ci était encore prince héritier, il parvenait à se hisser aux plus hauts postes de l’État tunisien. Comment ?

          Il était élevé dans la dévotion mielleuse au bey. De ce fait, il a ôté l’habit d’esclave, supplanté aussitôt par un solennel costume de prince. Il profitait des largesses du bey  et finissait par  dérocher un siège au sein de la nomenklatura. En 1837, ver est dans le fruit, Khaznadar était devenu, à l’âge de 20 printemps seulement, ministre des Finances d’Ahmed Ier Bey. Ce poste lui a ouvert la porte à deux battants pour mener une cataclysmique carrière politique. Pour son avidité et son irrésistible exaltation au pouvoir, il a joué l’amoureux par arrivisme, seule chance qui permet de gravir prématurément et sans mérite les échelons de la hiérarchie. La fin justifie les moyens. Ainsi, le jeune renard a épousé la princesse Lalla Kalthoum en 1839 et se voyait promu lieutenant-général de l’armée beylicale. En 1855, il occupait la fonction de grand vizir de Mohammed Bey. Dès lors, la Tunisie entamait une longue traversée du désert. Enfin, Khaznadar a monté à la présidence du Grand Conseil de 1862 à 1878.    

           À l’époque, le pouvoir était l’apanage du bey. Or, ce dernier était loin de se dévouer corps et âme au service de son peuple. Coquille vide, il laissait les affaires politiques au Grand Conseil et s’adonnait à sa vie végétative, aux plaisirs charnels, aux festins paradisiaques, à l’extase du pouvoir. Son régime corrompu était manipulé en grande partie par son Éminence grise Khaznadar. Le système financier, tributaire de subsides, plutôt de prêts d’argent étrangers, contractés à tort et à travers, était vulnérable et précaire. Avec la hausse des impôts et l’interférence étrangère dans l’économie, le pays a connu de graves difficultés financières. Tous ces facteurs contraignaient le gouvernement à déclarer la banqueroute en 1869 et à créer une commission financière internationale anglo-franco-italienne. La mauvaise gouvernance de Khaznadar, sous les auspices du bey, était derrière la faillite de l’État. Il était trésorier, un poste à prébendes, à qui incombe la tâche de financer les rouages du pays. Le vol, un vice très ancré, promoteur du faste et générateur des jouissances, lui a promu une vie aisée alors que l’écrasante majorité de la population crevait de faim et d’indigence. Ce maudit régent était apparu comme une hydre au pouvoir et a floué les caisses. Une concussion d’apparence modeste sans panache, mais poursuivie régulièrement a abouti finalement à la grande galère. Une si grande concussion mûrement menée sur trois décennies, des grosses sommes ingurgitées comme dans un repas de glouton générateur d’indigestions, avec le temps, fatales. En 1873, le général Kheireddine Pacha, faisant partie de la frange cultivée rare à cette époque, un réformiste ambitieux, homme bienveillant et chevalier vertueux, a présenté au souverain, dans une audience au palais du Bardo un rapport de contrôle financier accusant Khaznadar d'avoir détourné 2000 obligations représentant deux millions de francs. Les preuves contre Khaznadar étaient accablantes. D’emblée, le bey a renvoyé Khaznadar et l’a fait remplacer par Keireddine.

Ces deux millions de francs dérobés ont fait de ce Khaznadar le prévaricateur tunisien le plus vil et l’escroc le plus cupide du 19ème siècle. Il a impitoyablement  engouffré la quasi-totalité du budget du pays d’une manière effrontée, arrogante et humiliante pour se procurer d’une charmante rente viagère.

           Tandis que les réserves se réduisaient comme une peau de chagrin, le bey isolé dans sa tour d’ivoire, se regardait le nombril et buvait du petit lait.

Le pillage excessif a confectionné une épaisse récession. À son pic, la famine expédiait aux cimetières des centaines de besogneux. Les plus chanceux parvenaient à survivre et mener une vie de Patachon. Le bey a astreint le peuple à un dédoublement d’impôts. L’ordre était  tombé sur les citoyens comme l’avalanche. Les tribus, refusant de travailler pour le roi de Prusse, ont annoncé la dissidence. Les taxes jugées exorbitants, l’extorsion pure et dure, ont fomenté une révolution qui a gagné vélocement les trois quarts du pays.

Touchés par les réformes introduites à l’image du modèle européen, la nouvelle organisation de l’administration et du pouvoir judiciaire, les citoyens ont ressenti les prémices d’un projet qui visait la destruction de l’identité arabo-musulmane du pays. Toutefois, l’augmentation de l’imposition représentait le motif principal de l’indignation populaire pesant sur les tribus patraques et affamées. Alors que les mamelouks du bey s’en prennaient à toutes les tribus pour collecter les taxes, le chef tribal Ali Ben Ghedhahem a ordonné la désobéissance fiscale et se verrait contraint de se réfugier dans les montagnes près d'Oueslatia et Bargou et d'organiser la résistance. D'autres tribus se ralliaient à son mouvement. En Avril 1864, Ben Ghedhahem et ses alliés déclaraient la révolution des tribus. L’insurrection éclatait et gagnait les trois-quarts de la population, n’épargnant que la capitale et la région du cap Bon. Elle venait cogner, par un coup de boutoir, la quiétude du bey qui s’est posé des questions sur l’éventuelle tombée de la capitale dans la main des insurgés, ce qui mettrait le holà à son règne. Le machiavélique Khaznadar a chargé le général Ahmed Zarrouk de réprimer l’insurrection tandis qu’il semait le doute et la discorde entre les unités tribales éparses. Il a réussi à susciter des scissions et des luttes intestines dans leurs rangs. Grâce à ses mille et un stratagèmes, il a réussi à éparpiller les alliés et coincer les rebelles. Ben Ghedhahem, considéré comme un héros populaire, fut capturé. Il a passé le reste de sa vie dans les oubliettes du bey et a subi les plus douloureuses tortures avant d’être diaboliquement empoisonné.

           Kheireddine Pacha était arrivé comme les carabiniers. Ses tentatives de sauver le pays ont vainement apporté le fruit. Il s’est acharné pour épargner le pays du grand déluge et a fourni des puissants efforts sans lendemain. En tout bien tout honneur, il a combattu la corruption et a essayé d’assécher sa principale source, Khaznadar sans doute. Le mouvement réformiste de Kheireddine était inédit et glorieux. Il a proposé une Constitution, la première du monde arabe, propre à conduire le pays dans une nouvelle voie de modernisation.

           Le Bey qui appréciait la Constitution préconisée par Kheireddine, amorçait le projet et finissait par rentrer dans le rang quand les émeutes ont jailli.

Convaincu que Khaznadar a détruit le pays de fond en comble, Kheireddine a mis Khaznadar sur la sellette. Le traitre s’en prenait pour son grade.  Intimidé jusqu’à la moelle, il a avoué sa concussion et s’est retrouvé viré, tout de go, par le bey. Toutefois, au lieu d’être sévèrement sévi et lapidé, cet escroc a fini sa vie libre, affranchi de tout délit, mais détesté par tout le monde. D’ores et déjà, Il est voué aux gémonies par la progéniture tunisienne.  

Khaznadar, le trésorier ripou, a exposé le pays aux intempéries de l’immixtion étrangère. Il l’a laissé non protégé aux morsures des prédateurs opportunistes. D'ores et déjà, il a éclaboussé l’histoire par une tâche noire, tenace dans l’esprit des Tunisiens comme une tâche de goudron.

           Le 19ème siècle était une ère de vicissitude continuelle où les épisodes de crise aveugles étaient couronnés de la colonisation étrangère. Aujourd’hui, on fait des gorges chaudes aux Tunisiens de cette époque. On les taxe de naïveté due à l’ignorance et la bêtise. On condamne les erreurs de la veille. Or, nous commettons au goût du jour des erreurs abominables dont le prix n'est pas moins lancinant.

Published by Achref Snoussi - dans critique politique
commenter cet article