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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 21:00

« Je te tiens ! », soupira Charles d’un air badin, le regard brillant de mille feux quand il réussissait à chaque fois d’arracher des rires candides sur la frimousse angélique d’Emmanuelle. Depuis un temps, celle-ci, noyée dans un bain de bonheur grandissant, se laissait aller avec l’afflux généreux sans manifester aucune résistance. Ses yeux, deux saphirs éblouissants, perlaient d’une béatitude sans pareille, celle de la découverte d’une  première idylle véhémente miroitant le zèle qui s’auréolait autour de toutes les personnes amoureuses de son âge. Elle n’a que seize printemps alors qu’elle a vite fait de succomber au charme d’une aventure aussi tumultueuse que curieuse quand Charles, un copain de classe, n’a pas refusé de sortir la voile, monter la mer et embarquer, dans un climat propice, propre à fasciner les voyageurs intrépides à la recherche d’une félicité à deux. Les deux adolescents n’arrêtaient pas de voltiger après chaque séance de cours qu’ils considéraient ennuyante. Dès que cette dernière fut terminée, ils se répandirent dans la nature, humant, côte à côte, le bras dans le bras, l’effluve suave de tout ce qui les entourait. Et lorsque la nuit les cernait, des interminables séances SMS, levées en guise de support,  prenaient lieu pour achever ce qu’ils ont manqué de dire le jour.

De l’amour chaste, il y en avait. Les deux jeunes amoureux n’arrêtaient point de courir derrière les hordes de papillons, de fondre dans le charme des trilles d’oiseaux, de pourchasser rigoureusement un délice fugitif qu’ils avaient l’habitude de trouver dans leurs balades quotidiennes. S’incliner aux chants mélodieux de rossignols, admirer la parade exceptionnelle des hirondelles, contempler aisément tout ce qui était beau dans ce monde était tout ce qu’ils avaient à faire au fort de leur relation consistante. Charles était un adonis dont la nature a doté de toutes ses grâces. Il était si pittoresque qu’un tableau artistique dessiné par un peintre ambidextre. Une magnificence s’éclatant de son visage adamantin laissait tous les regards, essentiellement féminins, fixes sur lui comme un homme de spectacle qui excelle sur scène. Une nuit luisante se dressait sur sa tête parfaitement arrondie, longuement caressée par les doigts tendres de sa mère pendant toute l’aurore de sa vie. Des yeux aux couleurs incompréhensibles, sombres  de loin, mais loin d’être sombres, effilés comme une feuille verdoyante, s’étalaient entre des paupières, à peine visibles, dévoilant un regard pénétrant à partir duquel s’écaillait une malice vague et imprévisible. Ses sourcils, peu abondants, cloisonnaient sa face, opulente de beauté, par une haie droite ayant la coutume de  retenir les gouttelettes de sueur qui inondaient son front aux moments forts et délicats. Son nez de taille moyenne, marqué par quelques grains de beauté parsemés et limpides, mitoyen entre deux pommettes roses incorporées incontestablement dans le secret de son éclat, était noyé au fond de son visage pour devancer une bouche minuscule séduisante et pourvue d’une teinte également rose, mais plus corsée. Vêtu d’une peau opaline, légèrement rosâtre, il scintillait dans l’univers comme un oiseau rare. Il avait une taille moyenne et un sourire marrant captivant les regards les plus indifférents. Quant-à elle, Emmanuelle, svelte comme une gazelle, ne manque rien pour dire qu’elle était une jouvencelle sans égale. Sous ses cheveux châtains, scintillaient des yeux azurés qui faisaient le piédestal d’une beauté démesurée. Sa mine angélique s’accentuait lorsqu’elle laissait émerger un sourire candide qui s’étalait, comme une vitalité immarcescible, sur son visage anodin. Ses joues s’empourprant dans les ultimes secondes des moments chauds ne dissimulaient ni sa personnalité coquette ni sa belle voix polychrome. On dirait qu’elle était née pour séduire. Pourvue d’une taille parfaite, un atout de séduction inébranlable, elle ne pouvait guère empêcher les œillades, y compris celles de Charles, qui se déambulaient sur son corps jouissant de mille merveilles. On dirait qu’ils sont nés l’un pour l’autre, complémentaires et harmonieux, ainsi qu’une clé à la serrure. Dans leurs passages à travers les boulevards de la cité, ils réussissaient à chaque fois de figer les regards, voire même déceler l’admiration. Par contre, au lycée, comme des messagers de mauvais augure, les surnommés « amis » se réfugiaient au sabotage. Ce n’était pas aussi étrange que tout le monde savait inventer des histoires là parce que l’envie les étouffait de la belle aube aux tristes soirées. Même les professeurs, ils se sont rendu compte de l’intimité naissante entre les deux amoureux. Pendant les cours, ils semaient, eux aussi, le barbelé à leur chemin pour les évincer à tout prix. Se faire gronder et humilier devant les copains de class, tel était le prix à payer pour cette relation. Tout cela ne faisait que trépigner le couple qu’il se précipitait à se réunir après chaque séance. D’ailleurs, même dans la salle de classe, un langage de signes époustouflant a vu le jour sous l’affût mignon de ce penchant naturel : Un jeu de physionomie, de magiques gestes, comme si les cœurs discutaient, une sorte de télépathie, s’échangeaient prépondéramment entre les deux épris alors que les autres s’efforçaient vainement à décoder ces messages indéchiffrables comme un grimoire. Un cancan parcourait le lycée où ils poursuivaient avec succès leurs études. Des critiques, parfois sévères, allant jusqu’au mépris les contrariaient mais ne faisaient que consolider leur amour sacré.                                

 

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Published by Achref Snoussi - dans nouvelles
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